Mon expérience en tant que propriétaire...

 

         Acheter un cheval, ce n’est pas comme décidé d’avoir un hamster, vous n’allez pas aux magasins et 15 minutes plus tard vous avez votre animal de compagnie. Acheter un cheval est un réel investissement sur du long terme, et il est vraiment nécessaire de se poser les bonnes questions avant de sauter le pas.

  

Pour la petite histoire, il n'était pas du tout prévu que je devienne propriétaire. Good Pol était un peu mon "chouchou" au club, avant qu'il ne soit vendu à une fille un peu plus vieille que moi qui l'a emmené ailleurs.

 Environ deux ans plus tard, elle a arrêté ses études dans l'équitation, et elle ne pouvait plus assurer un avenir correct pour Good. Il est revenu dans mon club, et elle l'a mis en vente. Ma coach (son ancienne propriétaire) ne pouvait pas le racheter, et donc le dilemme était : soit une cavalière du club l'achète et il reste, soit il s'en va.

Venant juste de le retrouver, j'étais très attristée de savoir qu'il allait encore une fois s'en aller, et j'ai pris mon courage à deux mains pour aller en parler à mes parents. Là où je pensais ne pas avoir de marge de négociation (m'étant vu refuser ce cadeau sur ma liste de Noël depuis mon plus jeune âge), j'ai en fait reçu un "pourquoi pas" de mes deux parents ! Mais la question se posait quand même : est-ce un choix judicieux ? 

Pour me donner le temps de répondre aux questions que je me posais quant aux conséquences de devenir propriétaire, j'ai commencé une demi-pension sur Good début Mai 2014, afin de voir la disponibilité que j'avais, et puis mes parents voulaient apprendre eux aussi à le connaître. Après 4 mois de demi-pension, quelques concours plutôt positifs et surtout déjà beaucoup de souvenirs, la carte de propriétaire a été signée à mon nom.

 

Ces 4 mois de demi-pension ont surtout été de la réflexion, et voici donc les questions que je pense primordiales de se poser avant de sauter le pas.

 

Ai-je l'expérience et la maturité nécessaire pour posséder un cheval ?

Avoir un cheval n'est pas quelque chose d'anodin (c'est pas un poisson rouge...) : il est nécessaire de pouvoir subvenir à ses besoins, de connaître ces besoins. Il faut se sentir capable de monter seule si on n’a pas l'occasion d'avoir un coach tous les jours. Si l'on possède un terrain, est-il adapté à l'arrivée du cheval ? Vais-je pouvoir vérifier qu'il va bien tous les jours, reconnaître si ce n'est pas le cas ?

Mon cas : Je possédais mon galop 5 à ce moment-là, donc je m'y connaissais en chevaux. Good allait dans tous les cas rester en pension dans le centre équestre dans lequel j'étais donc il aurait quelqu'un au quotidien pour veiller à lui quand je ne serai pas là, et tout le nécessaire pour vivre correctement. Je ne peux pas dire que si j’avais dû le mettre seul dans un pré, la décision aurait été la même, c’est une beaucoup plus lourde responsabilité.

 

Est-ce le bon équidé pour moi ? 

On dit souvent : "A jeune cavalier, vieux cheval" ou a contrario "A vieux cavalier, jeune cheval". Et selon moi cela est vrai ! 

Si vous venez à vouloir acheter un cheval, le mieux est d'aller en voir avec votre moniteur d'équitation, qui vous connaît et saura vous conseiller au mieux selon votre caractère, mais aussi selon vos objectifs. Si vous êtes jeune, un cheval trop jeune ou trop caractériel pourra être compliqué voir dangereux pour vous... Tout est à regarder.

Mon cas : La première chose est que je connaissais déjà Good depuis quelques années avant de l'acheter, gros avantage ! Il a appartenu longtemps à ma coach donc elle le connaissait bien, et étant ma monitrice depuis toute petite, elle me connait bien moi aussi ! Good Pol avait 8 ans lorsque je l'ai acheté (pile le bon âge selon moi) et c'est un hongre (moins caractériel qu'une jument), il n'a pas de grand vice et est très volontaire, très brave. Pour un premier achat, c'était le cheval idéal !

 

Vais-je avoir les moyens de subvenir à ses besoins ? Aussi bien d'un point de vue financier qu'au niveau timing ?

L’achat d’un cheval est un coût, c'est sûr, mais ce n'est rien comparé aux frais quotidiens que cela implique : la pension, tous les mois ; le maréchal, une fois toutes les 6 semaines environ ; l'ostéopathe et le dentiste une fois par an minimum ; le vétérinaire, au moins une fois par an pour les vaccins et éventuellement plus en cas de bobo. C'est un investissement sur le long terme qui coûtera énormément, de votre argent, mais de votre temps aussi ! Il faut pouvoir venir plusieurs fois par semaine, d'autant plus s'il vit au boxe et encore plus s'il est chez vous. Si vous êtes en plein dans vos études (collège, lycée, études supérieures) vous et vos parents allez-vous pouvoir assumer financièrement cet animal ? Et avez-vous assez de temps pour lui ?

Mon cas : la demi-pension avait pour but premier de voir si je pouvais gérer le temps entre mes études et le cheval, il était clair que je ne pouvais pas venir tous les jours, mais le fait qu'il soit en centre équestre réduisait le problème. Financièrement, dans un premier temps, mes parents ont assuré les frais généraux liés à Good Pol, tandis que je m’occupais du matériels (selle, filets, et autres besoins). Dès que j’ai été majeure, j’ai fait le nécessaire pour trouver un petit boulot, afin de les aider au maximum. Etant en études supérieures en apprentissage, j’ai un salaire tous les mois qui me permet d’assumer le plus possible Good Pol toute seule désormais. J’ai dû faire des concessions, mais le bonheur qui est derrière est bien plus intéressant !

 

Si, par malheur un gros souci arrive, aurai-je le courage de prendre une lourde décision ?

Et oui, c'est malheureux à dire, mais un accident est vite arrivé, pour nous comme pour notre animal, et les choix même les plus durs doivent être pris. Si mon cheval se trouve malade, ou subit un accident, que sa vie est en jeu, et que les soins qu'on doit lui prodiguer sont trop incertains et trop lourd financièrement, aurai-je le courage de mettre fin à ses jours, même si je l'aime plus que tout ?

Mon cas : Je déteste penser à ces choses-là, mais on ne peut pas laisser une question aussi importante de côté. Oui, si quelque chose d'horrible se produit, que je n'ai d'autres choix, je prendrai la décision de mettre fin aux jours de Good Pol, même si cette décision me trottera dans la tête pendant des années derrière. Je sais toutefois, que ma coach est là pour m'épauler. Lorsque Good Pol a un souci (blessures, symptômes), elle sait me dire quoi faire, quelle décision prendre et comment le faire. Je sais que si une grosse décision devait être prise, je pourrais m'appuyer sur ses conseils pour faire le bon choix, malgré tout.

 

D'autres questions sont à se poser, bien évidemment, mais je pense que ce sont les principales. Ce sont celle-ci en tout cas que je me suis posée pour faire mon choix.

 

Je peux rajouter qu'avoir un cheval, c'est un grand bonheur, mais c'est aussi des prises de tête, des pleurs, des remises en question, et des sacrifices.

Il faut accepter les défaites, qui sont souvent plus nombreuses que les victoires, et accepter de prendre des décisions pour lui avant de les prendre pour soi. 

Malgré les sacrifices que j'ai pu faire pour Good, les pleurs, les déceptions, tout ceci n'est rien à côté de la fierté que j'ai de voir notre évolution. Nous avons énormément progressé ensemble : physiquement, et moralement surtout, et il est aujourd'hui ma plus grande victoire.

 

Si vous avez vous aussi une expérience à partager, je serai ravie de la lire. Ou si vous avez plus de questions, sur le fait d'être propriétaire (ou même sur notre histoire), n'hésitez pas à laisser un petit commentaire ! Vous pouvez aussi partager notre aventure sur instagram @equestr_yon !

 

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